Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Archives

Texte libre

A tous les amoureux
A mon amant
Mon mari
Mon "Toujours"
Milles baisers de feu

W3C

  • Flux RSS des articles
Mercredi 22 février 2006 3 22 /02 /Fév /2006 00:00
C’est au bout de mois épistolaires, de courriels ruisseaux devenus Nil blanc et bleu, qu’ils se sont rencontrés. Stella. L’étoile du sud. Et lui, Aurèle, l’insignifiant qui voulait exister. Par le verbe. Qu’il avait d’ailleurs haut et beau. On trouve souvent le diamant blotti à d’infâmes caillasses. Il n’était pas séduisant, elle était fort jolie, ils se rejoignaient dans le charme. Le philtre, l’extrait, au nom aussi imprononçable qu’une malédiction, ou pire, un envoutement. Ils avaient des vies bien organisées, impeccablement rangées dans des cases étiquettées. Femme, époux, enfants. Une route tracée dans l’immuable, l’usante tranquillité. Jusqu’à ce que la mort les sépare de tout.L’étoile pourtant ne voulait pas mourir bien qu’elle fut déjà dans l’effondrement et la gravité. Lui, se zombifiait lentement dans toute l’horreur de l’ennui matrimonial. Ils étaient tout deux des comédiens appliqués quand ils mourraient de n’être acteurs de leur propre destinée. Congrès. Un jour côte à côte. Et le charme, le philtre distillé et soufflé de l’un à l’autre, et de l’autre à l’un. Aurèle surveille chacun de ses gestes de peur. De faire celui qu’il craint et qu’il espère et qu’il fuit en même temps. Le geste qui déclencherait la tempête. Désir contre raison. Raison gardée façon cerbère, comme elle garde ses papillons de doigts dans ses poches vides, alors qu’elle voudrait tant chasser la mèche rebelle, qui s’obstine à tomber, là, sur son front à lui. A peine ose t’elle croiser ses yeux bleux, ces deux harpons d’azur tendre. Elle songe à la Vinca de Colette à cause des iris pervenche. Il n’est pas beau, il est mieux que ça, il est vivant. Mobile. Il pulse, et c’est son corps à elle qui le lui dit. Son corps qui ressent l’appel, l’irrésistible attraction. Si elle le touche, elle est perdue, satellisée à jamais. Elle va fondre, se liquéfier, être absorbée par sa chair. Lui, il sait qu’elle sait. Les mots entre eux sont d’importunes mouches diseuses de banalités. Alors, il la regarde, comme il n’a jamais rien regardé d’autre de son existence. Il la boit, s’en nourrit, fait des réserves d’elle pour les sinistres siècles de disette, l’ère glaciaire, qui suivront sa rencontre et son absence. Parce qu’il ne s’autoriseront pas. Rien, que le masque, encore et encore. La comédia d’ell arte, l’ignoble et pathétique bouffonnerie des apparences, le mou, le gras du confort plutôt que l’incendie et sa magnifique brûlure. Le comique jusqu’aux larmes à saigner, et puis à crever de mort très lente, kafkaienne, car les apparences sont folie. Elle rit, et mille soleils explosent dans la tête d’Aurèle. Stella, ses doubles étoiles d’or bruni animant son visage un peu pâle, la courbe de sa gorge, la courbe de sa taille, la courbe de ses hanches, la courbe de ses fesses. Stella est un astre plein d’hémisphères et de canyons fantastiques, où il doit faire bon s’égarer. Mais non, non, non. Voilà l’heure de la gare. Il l’accompagne. Chanson éternelle des amants muets : Reste…Viens !
Enceintes Femmes Mures Poitrine Nudistes Lesbiennes
Par Alex - Publié dans : perledepluiepeintre
Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus